samedi 29 avril 2023

Maladie noire !

Le rucher redémarrait normalement en ce courant avril, avec une perte hivernale à déplorer. L'acacia a démarré le 25 avril et quelques hausses ont été posées.

Une ruche en particulier est très puissante, j'en profite pour en prélever 2 cadres afin de créer un essaim et renouveler un peu le cheptel. Je remplace les cadres prélevés par 2 cadres de la colonie perdue cet hiver, mais dont l'un contient pas mal de miel operculé et du pain d'abeille mais plutôt moisi. Je pense que les abeilles nettoieront rapidement les parties non saines.

Mais force est de constater que 3 jours après cette opération, une hécatombe frappe la ruche concernée par cette opération. Apparemment il s'agit de la maladie noire ou "maladie de mai". je ne sais pas s'il y a un rapport avec l'ajout de ces cadres.

tapis d'abeilles mortes ou mourantes au pied de la ruche.

Cette maladie est virale et paradoxalement touche souvent les ruches les plus puissantes. Elle survient souvent en cette période, d'où son nom, puisque la forte population de certaines ruches favorisent sa propagation. Elle pourrait être liée à une alimentation comprenant du miellat (d'où également le nom de "mal des forêts").


Le diagnostic se fait avec le critère ci dessus, de masses d'abeilles mortes au pied de la ruche, puis de l'aspect paralysé des abeilles, qui rampent au sol et fibrillent des ailes (maladie paralysante, plus parlant en anglais : "Chronic paralysis virus).

Un dernier indice concerne l'aspect noir de nombreuses abeilles, soit complètement ou partiellement, avec un aspect brillant pour certaines. Enfin, l'abeille morte peut avoir la langue tirée.

abeilles noires ou foncées et langue tirée

Les conséquences ? ce sera déjà une perte de récolte pour cette ruche. Après, la colonie n'est pas forcément perdue, et un nourrissement pour relancer la ponte de la Reine (moins sensible à ce virus) avec un peu de vinaigre de cidre peut être conseillé. Elle devrait reprendre un peu de vigueur d'ici la fin de l'été.


La météo se présente plutôt bien pour l'acacia, mais le rucher est un peu à la peine... A noter une journée anormalement chaude le 28 avril avec une pointe à 27-28°C enregistrée sur Bordeaux !


vendredi 15 avril 2022

Visite de printemps et pose des hausses

 Après un mois de janvier anticyclonique avec des gelées matinales régulières, les mois de février et mars ont été sans excès de température mais avec peu de précipitations. Ce "froid" prolongé et inhabituel ont valu un apport en Candi à toutes les ruches  début février (2,5 Kg). Ce 15 avril, ce sont des ruches bien vigoureuses que je retrouve.

Préparation de l'intervention avec hausses, grilles et cadres avec nouvelle cire

Toutes les ruches sont bien pleines, sauf celle en extrémité extérieure. 2 cadres de couvain lui sont adjointes pour la renforcer et provenant de ses 2 ruches voisines. Par ailleurs, un cadre à bâtir est inséré dans les 4 ruches les plus dynamiques (en remplacement d'un cadre de couvain prélevé ou d'un cadre de rive).


Ici la ruchette qui déborde littéralement ! des bâtisses de miel sont partout là où c'est possible. Un cadre à bâtir lui est adjoint, les bâtisses de miel sont récupérées et remises à lécher dans le nourrisseur de la ruchette.


Vue des bâtisses de miel sur la partition encore présente dans la ruchette en sortie d'hivernage.
Cette colonie viendra peut-être remplacer la première ruche si elle ne décolle pas malgré l'apport de 2 cadres de couvain.





Puis une hausse est posée sur les 4  ruches les plus dynamiques, après avoir posé une grille à Reine au-dessus des corps afin d'empêcher la Reine de pondre dans les hausses.

Une trappe à pollen est également posée pour les excellentes cures de renforcement de printemps de l'apiculteur :-)

trappe à pollen bien visible à gauche, du monde sur la ruchette et inspection de fin chantier à droite

Météo printanière ces prochains jours avec une baisse sensible des températures sous 5 jours

Prochain rendez-vous avec l'acacia fin avril !

vendredi 2 avril 2021

Pose des hausses en Mars !

Les températures jouent fortement au yoyo cette année, et c'est avec des valeurs supérieures de 5 à 8 degrés à la normale que nous terminons le mois de mars avec de jolis 25 d° en journée (de nombreux records de chaleur sont encore tombés ce mois).

Le mois de février ayant été également fort doux, les colonies se portent à merveille : 4 sont déjà sur 10 cadres et bien puissantes, avec un couvain sur 6 à 8 cadres, puis une qui gère son développement pour l'instant sur 6 cadres.

Il n'en fallait pas plus pour poser les hausses ! une première depuis que je pratique l'apiculture. L'inconvénient est de ne pas renouveler des cadres de corps et de jouer très tôt la récolte. Peut être un peu par curiosité, s'il y a du miel récolté, il sera différent ! 


Mais c'est peut être très imprudent, en avril... et les prochains jours sont annoncés avec cette fois-ci 5 d° en-dessous de la normale ! 



Le risque principal est de donner trop d'espace aux abeilles, qu'elles chaufferont mal, avec pour conséquence une mortalité accrue du couvain et peut être l'apparition de maladies. L'acacia n'arrivera qu'à la fin du mois, à voir ce que vaudra cette opération...

mardi 23 février 2021

L'hiver de tous les excès !

L'hiver 2020-2021 est de tous les excès : une première vague de froid fin décembre avec l'arrivée de la tempête Bella occasionnant un enneigement exceptionnel en montagne, puis à nouveau une vague de froid sur une grosse moitié nord du pays début février (5eme vague de froid depuis 1947), voilà le printemps qui déboule en force vers la mi-février avec des températures supérieures de 5 à 7 °C par rapport aux normales ! Entr'autres excentricités de la météo, notons un hiver exceptionnellement pluvieux en plaine (L'Aquitaine recevant le double de la normale) un vortex polaire qui quitte son pôle après un réchauffement de plus de 50°C, puis 2 passages notables de sables du Sahara en février...

Bref, avec le réchauffement climatique, rien ne va plus ! en témoigne cette prévision de météo France pour les années à venir...

C'est dans ce contexte que ce joli rucher des Hautes Pyrénées a été observé à 1250 m d'altitude, le 15 février. L'enneigement y est très déficitaire après un très bel enneigement il y avait 3 semaines à peine.


De jolies ruches colorées, évitant ainsi le phénomène de dérive, chaque abeille reconnaissant plus surement sa propre ruche. On remarque également les casquettes qui protègent les planches de vol contre la neige.


Les quelques rares traces de neige autour du rucher...


Les abeilles volent bien en ce 15 février à 1250 m d'altitude, mais pas vraiment de quoi butiner dans les environs ! 

Plus bas, dans mon petit rucher, toutes les colonies se portent bien et les abeilles s'en donnent à coeur joie : prunus, prunier, mimosas, pissenlit, laurier thym, bruyère d'hiver sont déjà en fleur ! Attention, l'hiver n'a sûrement pas encore dit son dernier mot !

Enfin, à signaler cet article sur les motivations de nos députés qui ont conduit à voter fin 2020 la ré-autorisation des néonicotinoïdes à titre dérogatoire alors qu'ils étaient interdits depuis 2018.



vendredi 18 septembre 2020

La Miellerie collective de Bordeaux Métropole

Cette année si particulière, marquée par 2 mois de confinement, a été aussi une excellente année pour les récoltes après 2 années particulièrement mauvaises (et la pire en 2019). Ceci n'a rien à voir avec le confinement ! Le printemps a été ensoleillé, tempéré, le mois de mai avec l'acacia malheureusement pluvieux, mais toujours tempéré, puis juin et juillet n'ont pas connu de canicule ! ça devient rare... mais c'est aussi le fait du 2eme printemps le plus chaud depuis que les relevés de température existent. Ce sont donc avec 3 ruches, 5 hausses superbes et près de 80 kg de miel qui seront récoltés, de quoi redonner ponctuellement le sourire à l'apiculteur !

La végétation a cependant fortement souffert à partir d'août et de ses records de chaleur encore battus. Les plus grands arbres semblent avoir supporté cet épisode, leur racine puisant l'eau assez profondément, en revanche, la végétation qui n'avait pas encore une maturité assez grande (yc les jeunes arbres) est fortement desséchée. La flore évolue assez rapidement (ce qui a été observé en 10 ans seulement sur la plupart des biotopes français), mais serait-ce assez vite pour s'adapter aux bouleversements en cours ?

Le miel est un peu particulier cette année, plus foncé qu'à l'ordinaire, et plus visqueux à extraire. Je pense à du miellat, mais la variété possible d'essences autour du rucher en fait de toutes manières un miel toutes fleurs, à tendance forestière...

La grande nouveauté de l'année, c'est de pouvoir profiter de la miellerie collective de Bordeaux Métropole, pas très loin de chez moi à Eysines. C'est une structure associative accessible à tous, moyennant une modeste cotisation annuelle, et mettant à disposition le matériel nécessaire à l'extraction, dont un extracteur électrique. Vraiment une super initiative des pouvoirs publics !

Je tiens également à remercier les bénévoles de l'association pour leur accueil et disponibilité.


lundi 6 avril 2020

Marquage de Reines

Visite le 4 avril après l'épisode de frais de la semaine dernière. Le développement des colonies prend un tournant, toutes sont très dynamiques, toutes ont commencé à produire des cellules royales et une a peut-être déjà essaimé ! Alors que c'était la ruche devant servir à créer un nouvel essaim, mais le froid arrivant, je n'avais pas tenté l'opération...

Ci-dessous, vidéo du marquage de la Reine de la ruche bleue. Je ne connais pas précisément son âge, alors je prends une couleur bien visible, le blanc, normalement, cette année, cela devrait être le bleu (dommage, la Reine aurait été assortie à sa ruche !).


Cette visite a été l'occasion de marquer 3 Reines, la 4eme ayant peut être déjà essaimé. Si la destruction des cellules dans les ruches permet de retarder ou d'empêcher l'essaimage, sur cette dernière ruche j'ai surement fait une erreur en me disant que la Reine pouvait être encore là mais sans la voir. En effet, la ruche avait de nombreuses cellules (dont j'ai récupéré un cadre avec cellules pour faire un essaim, ce sera l'objet d'un prochain article), absence de ponte (de très jeunes larves visibles, ce qui me faisait penser que la Reine avait cessé sa ponte depuis 4 jours environ, mais était ce un signe d'absence ?), les alvéoles qui auraient pu servir à la ponte étaient gorgées de nectar… Si la Reine était effectivement partie, la ruche deviendrait inexorablement bourdonneuse et vouée à un déclin inéluctable n'ayant aucune possibilité de recommencer l'élevage d'une nouvelle Reine. A suivre lors de la prochaine visite, d'ici 4 ou 5 jours...

Enfin, ci-dessous, marquage d'une autre Reine, un peu plus sportif avec une ruche particulièrement agressive. 

A noter que le marquage n'est pas forcément manuel (c'est la méthode la plus rustique !) et peut se pratiquer à l'aide d'une cage à "piston". une fois la reine dans la cage (capturée directement avec la cage en conservant les gants ou à l'aide d'une "pince"), elle se fait immobiliser par une légère pression du "piston" sur le fond de la cage qui est comme une grille plastique. Il suffit à ce moment de marquer par un point de vernis le dessus du thorax de la Reine. Le matériel possible pour capturer et marquer les Reines peut se voir à titre d'illustration sur ce lien (commercial, mais il en existe beaucoup d'autres !)

Une opération complémentaire consisterait à "clipper" la Reine, c'est à dire couper aux ciseaux une partie de l'une se ses ailes, l'empêchant de prendre un réel envol lors de l'essaimage, ce qui permet de retrouver l'essaim pas très loin de la ruche, voire à son pied même… Pour ce qui concerne le rucher, aucune Reine n'a été clippée.


vendredi 3 avril 2020

Froid et décimation des pupes en ce début avril 2020

Beau retour hivernal en cette semaine du 30 mars au 4 avril, avec de la neige le 30 mars ! la journée ne dépasse pas les 6°C... Le lendemain, les planches d'envol des ruches sont couvertes de pupes. 

Météo fraîche 04 2020

La pupe est le moment où la larve, sous forme d'asticot, se transforme en ce qui va être progressivement l'insecte. Il dure 7 jours pour l'ouvrière, sur un cycle de 21 jours.

Pupes


Video accélérée (2 min pour 1h30 d'activité)

Le froid est ressenti durement dans la ruche et de nombreuses pupes meurent, faute d'un réchauffement suffisant par les abeilles à l'intérieur de la ruche. Je remarque que c'est aussi typiquement ce stade qui est touché, soit après le stade larvaire et vraisemblablement avant operculation des cellules au vue de la coloration souvent blanchâtre des pupes (pré nymphes et nymphes).

De par le contexte exceptionnel d'épidémie que nous vivons actuellement, cette video (accélérée) montrant le travail des fossoyeuses le matin, à évacuer les corps, n'est pas sans évoquer d'autres moments sombres de l'histoire. Mais ici, il ne s'agit pas d'une hécatombe exceptionnelle, mais d'une mesure naturellement prophylactique et finalement assez courante pour les colonies d'abeilles en cette saison.

samedi 21 mars 2020

Butinage du Romarin

Ce jour de printemps, 21 mars 2020, est décidemment très agréable...peu de vent, près de 20°C au soleil, les massifs floraux bourdonnent et le romarin qui est en pleine floraison régale les pollinisateurs de tous poils... La série ci dessous comprend une courte video en slow motion puis quelques instantanés de butinage... On remarquera que le thorax de l'abeille est maculé de pollen gris et que ses pelotes sont naturellement de la même couleur.





D'autres pollinisateurs comme le bourdon roux et le syrphe...



Le romarin a la particularité de sécréter un nectar fort abondant, même quand il fait froid. Et s'il est fort prisé des abeilles, c'est également parce qu'il est très concentré. En effet, le nectar du romarin contient plus de 50 % de saccharose. Et le fait qu'il soit produit de manière continue est d'un grand profit pour les colonies d'abeilles : la ponte et donc le renouvellement des ouvrières reste possible même en hiver.

Le miel de Romarin monofloral est très apprécié (le meilleur du monde !) il est très clair, cristallise de manière très fine et devient blanc irisé. Ses vertus sont nombreuses, on retiendra son pouvoir cicatrisant, à appliquer directement sur la plaie.

mercredi 18 mars 2020

Transfert d'une ruchette dans une ruche

La France est en confinement depuis hier 17 mars 2020. Tout est fait pour éviter une tragédie provoquée par le covid-19. La tragédie est déjà là depuis longtemps pour les abeilles : varroa, pesticides, pollution, néonicotinoïde, frelons asiatiques, les colonies s'effondrent…mais pas grand chose n'est fait pour les sauver... 

Et ce sont ces abeilles qui sont source de divertissement pour un apiculteur confiné. Il s'agit ici de transférer le contenu d'une ruchette bien dynamique dans une ruche : belle effervescence insouciante de nos abeilles !


L'objectif sera d'avoir un développement optimum de la colonie d'ici fin avril pour la miellée de l'acacia. D'ici là, nous saurons comment nous aurons fait face à la pandémie.


dimanche 8 septembre 2019

Forte pression du Frelon asiatique en 2019

Décidemment cette année apicole 2019 est à mettre dans les années noires. Après une récolte calamiteuse (moins de la moitié de la pire année des 7 années passées en Aquitaine), un développement des colonies toujours à contre temps, voici la pression la plus intense jamais observée sur mon rucher depuis 7 ans. C'est presque le double, passant de 5 frelons par ruche à près d'une dizaine parfois.


Le frelon asiatique colonise désormais toute la France, on peut voir sur cette carte dynamique, l'évolution rapide de son extension depuis 2004, date de son introduction.

Apparemment, le phénomène concernerait plus les zones urbaines. Les causes sont surement multiples, mais on peut citer un hiver très doux, une dernière année très sèche, un été qui a malheureusement battu tous les records de températures. L'abeille souffre également du changement climatique : il perturbe fortement la production de nectar des végétaux et favorise l'expansion de ses prédateurs.

Mais qui s'en soucie ? agir sur le climat semble si difficile… mais interdire de pulvériser nos champs avec nos propres produits létaux, ça pourrait être accessible quand il s'agit d'urgence ?

Et bien non, le monde des pesticides a encore gagné vis à vis de nos concitoyens, avec l'aide coupable de nos politiques… Ainsi, les tests d'homologation des produits phytosanitaires, dont il est démontré qu'ils sont totalement lacunaires et ne testent pas l'essentiel de leur conséquences sur les insectes, devaient être réajustés par la commission européenne.

Il n'en sera donc rien, le projet de règlement a été vidé de sa substance et il est impossible d'avoir accès aux procès verbaux des réunions pour comprendre ce qui poussait les responsables politiques à enterrer un document scientifique d'une telle importance. La Commission européenne a refusé, arguant qu'il était nécessaire de "protéger le processus décisionnel" des institutions européennes. Voir cette tribune dans le journal "le Monde" du 16 juillet 2019.

mardi 4 juin 2019

L'Olivier et l'abeille

J'ai la chance d'avoir un olivier en fleur juste devant la maison...et en ce tout début juin, lors d'une floraison d'une dizaine de jours, c'est la fête pour pas mal de pollinisateurs, dont nos chères abeilles domestiques.

Quelle réjouissance de voir ce couple fleur-pollinisateur, vieux de quelques millions d'années, en pleine effervescence ! Ceci pour récolter de belles corbeilles de pollen, l'olivier ne produit que très peu de nectar… Ce qui fait dire que si vous trouvez du miel d'olivier, attention aux noyaux :-)





Et pourtant, une menace équivalente à la peste humaine plane sur les populations d'oliviers européens. C'est une bactérie qui est en cause, la Xylella fastidiosa, transportée par un insecte, la cicadelle, et qui a pour action de couper l'hydratation des feuilles. Actuellement confinée en Italie dans la région des Pouilles, elle a ravagé les plantations séculaires. Petit espoir, deux variétés d'Olivier semblent résister à cette bactérie… Ce n'est pas sans rappeler ce qui est arrivé à la vigne dans les années 1860 avec le phylloxéra.

samedi 18 mai 2019

Enfin des nouvelles !

Cela fait presque un an que rien ne passait sur les ondes...ou sur ce blog ! Voici donc des nouvelles de nos avettes !

Et pour commencer, une photo cocasse de récupération d'un essaim de gendarmes à Blanquefort. Euh, non, d'un fort bel essaim à la gendarmerie de Blanquefort.

Pas de fumigène pour l'occasion, seule une lance à eau ;-)
Et c'est encore l'occasion de mesurer la formidable côte d'affection qu'ont les abeilles, il aurait été facile d'enrôler ces chères chemises bleues dans la secte des vareuses blanches ;-)

C'est l'occasion de renforcer le cheptel, avec deux essaims cette semaine ainsi que la division d'une ruche qui est sur le point d'essaimer. Petit rappel, les 9 cadres de la ruches ont été répartis sur 2 ruches avec chacune des cellules royales (je ne pouvais plus empêcher l'essaimage). J'avais fait cette manip' l'an passé, mais avec un flop total, les deux ruches étaient devenues bourdonneuses… Ne voyant pas vraiment pourquoi, je recommence cette année. J'ai seulement 2 hypothèses quant à ce "fail" : 1) soit j'avais manipulé les cadres quand les cellules de Reine étaient vraiment trop fragiles, ce qui est le cas 1 ou 2 jours sur 15 jours de développement, ça s'appelle pas de bol ou 2) j'intervenais tardivement et une jeune Reine avait déjà flingué les copines dans leur cellule…


Dans cette vidéo, on peut voir la libération des abeilles après 3 jours passés au frais. Ce délai est nécessaire pour que les abeilles perdent leur orientation par rapport à leur ancienne ruche, ce qui évite ainsi qu'elles n'y retournent dare-dare dès réouverture de la ruchette. Dans le cas d'un essaim récupéré, ça permet aussi qu'il s'habitue à sa nouvelle demeure et qu'il ne ré essaime aussitôt.

Les essaims ont été mis en place, puis nourris au sirop 50/50.

L'année 2019 est très particulière en météo, mais ça devient la règle générale ! Cette année, c'était un hiver assez doux, mais fort sec, avec une neige qui n'est arrivée en montagne que début février ! Puis le printemps n'en finit pas de ne pas arriver vraiment : un peu d'eau, mais pas tant, et surtout un temps frais (records de fraicheur depuis 40 ans) et un peu de vent. Certains apiculteurs des hautes Pyrénées n'ont pas encore fait de miel à mi mai et hésite à nourrir les colonies !

Le climat se dérègle fortement, il y a urgence à agir !

Pour nous, sur l'agglomération bordelaise, c'est mitigé et pour moi, fort moyen. C'est d'ailleurs la plus faible récolte depuis 6 ans en Aquitaine. L'acacia n'a pas donné énormément, la faute à la météo vraisemblablement. L'activité apicole est somme toute également réduite : peu d'abeilles dans les ruches, pas de redémarrage fort des colonies, donc pas de création de nouveaux essaims… il faudra faire attention à la suite, d'où notre forte activité à renforcer le cheptel.

Connaissant quelques retraités, tout fraîchement éclos, je vous signale un MOOC à faire absolument pour en savoir plus sur les abeilles leur environnement et l'apiculture. Deux heures de bon temps par semaine suffisent : https://www.fun-mooc.fr/courses/course-v1:Oniris+159001+session01/about

Enfin, juste pour mémoire, la visite de printemps s'est effectuée le 20 avril, avec 4 colonies en sortie d'hivernage et aucune perte à déplorer.

Le petit rucher, avec si peu de hausses pour un 18 mai !




mercredi 25 avril 2018

Visite de printemps 2018

Un trop rare créneau de temps sec avec des températures agréables ce vendredi 14 avril sera parfait pour la traditionnelle visite de printemps.

Sortie d'hivernage, qqs vieux cadres sont retirés...
Il ne s'agit pas seulement de redire bonjour à tout le monde comme on présente ses voeux, mais d'établir un diagnostic en sortie d'hiver et les actions à entreprendre pour préparer la récolte qui commence déjà d'ici 15 jours !

Le bilan est nuancé. 2 ruches sont fortes avec plus de 5  cadres de couvain chacune, une autre (bleue) est saine, mais comporte seulement 2,5 cadres de couvain, la dernière est mauribonde avec 2 cadres de couvain très parcellaire, et des larves marrons affaissées au fond des cellules, signe d'une loque qui se révèlera être européenne, soit la moins grave des deux loques (l'autre étant américaine).

La ruchette est également saine, avec 2,5 cadres de couvain.

un couvain parcellaire et des larves brunissantes, signe de loque, assez classique en sortie d'hiver...
La ruche bleue est renforcée avec 1 cadre de couvain provenant d'une des ruches fortes, en prenant soin de ne pas transférer la reine avec le cadre ! Pour ce faire, je mets une grille à reine au-dessus de la ruche receveuse puis secoue dessus le cadre que je vais introduire. Si la reine était là par malchance (ce qui arrive assez fréquemment, un peu comme la tartine beurrée...) cela permet de la récupérer et de la remettre dans sa ruche d'origine....

Dans chacune des ruches fortes, 2 cadres anciens (parfois légèrement moisis après la période d'hivernage) sont remplacés pour laisser des espaces à bâtir aux ouvrières avec des cadres neufs et des fonds de cire fraîche. Peu d'amorces de cellules royales sont observées et le couvain mâle est systématiquement détruit pour limiter les essaimages. 

Toutes les ruches sont nourries au sirop pour stimuler les pontes, sauf la ruche loqueteuse dont on ne pourra rien faire.

C'est aussi la saison de sortie d'hibernation des abeilles charpentières, sorte de gros Pokemons au vol lourd. Bien que dotée d'un dard impressionnant, la bestiole est plutôt inoffensive....

Abeille charpentière en approche d'une excellente crucifère : la roquette*(Eruca sativa) !
* Consommée depuis l'Antiquité, les Romains l'avaient consacrée à Priape et la recommandaient aux maris peu portés sur la « chose ». Cette réputation s'est perpétuée au Moyen Âge, les autorités religieuses interdisant sa culture dans les jardins des monastères. Alors le miel de Roquette 😊




dimanche 22 avril 2018

Déménagement du rucher !

Ce samedi 7 avril, le petit rucher déménage non loin de là sur une commune de l’agglomération bordelaise. L’opération se déroule à la nuit tombée, une fois nos avettes bien rentrées à la ruche, même un jour de saturday night fever, histoire de n’oublier personne dans le déménagement.

Le rucher au crépuscule, avec le temps frais et maussade, les abeilles sont déjà rentrées
Et cette année, compte tenu du temps incroyablement maussade, nos abeilles ne font pas d’heures supplémentaires en soirée !

2018 est en fort contraste avec 2017. Le mois de mars est plus froid que janvier ( !) avec un net retour du froid sur la seconde quinzaine accompagné de chute de neige et de pluie marquée. On a relevé par exemple 20 jours de pluie à Bordeaux (normale 11 jours). Dans ces conditions, les ruches ont été nourries au candy à la mi-mars et la visite de printemps n’a pas encore eu lieu ! En temps normal, ce serait ces jours ci, avec en perspective la préparation de l’acacia, arrivant pour la fin avril début mai.

un rucher, une remorque...
L’installation a été bouclée vers 1 heure du matin…sous la pluie ! Les ruches ont voyagé à 70 km/h et ont failli prendre une brusque accélération lorsque j’ai croisé une voiture à contre-sens sur la rocade ! Peut-être aussi l’un des effets du Saturday night fever…

Nouvelle installation du petit rucher
Trois ruches semblent toniques, une plutôt malingre, et la ruchette n’est que peu active. L’état des lieux se fera d’ici la visite de printemps que je prévois le plus tôt possible !

J1 du nouveau rucher
Le lendemain, profitant d’une éclaircie, nos abeilles sortent progressivement et font leur vol caractéristique pour repérer leur nouvel environnement : face à la ruche, par des vols circulaires de haut en bas, de plus en plus larges, puis départ pour explorer les environs.

Le nouvel environnement du rucher est très riche en acacia, ronces, mais les autres miellées possibles seront à découvrir ! Rendez-vous dans les hausses et les pots de miel d’ici juillet ….

dimanche 23 juillet 2017

Récolte de miel 2017

Récolte le samedi 22 juillet.

La veille, vendredi, pose des chasses abeilles sur les trois ruches ayant produit. Le chasse abeilles est un dispositif sous forme de plateau avec un orifice en son milieu, permettant le passage des abeilles dans un seul sens.

Le soir, les abeilles redescendent des hausses pour rejoindre la colonie et la proximité de la Reine. De cette manière, quand l'apiculteur revient le lendemain chercher les hausses, il ne reste que quelques abeilles résiduelles...en théorie.

Plateau chasse abeille avec le passage au centre (différents systèmes sont possibles...)
Et la théorie s'est bien traduit en réalité le lendemain ☺ (ce qui n'est pas systématiquement le cas) la récupération des rayons des hausses a été très sereine. Mais la récolte s'annonce d'emblée moins prometteuse qu'espérée. En premier signe, les dernières hausses posées il y a un mois, n'ont pas été touchées ! Donc il n'y aura pas ce miel de chêne espéré, ni même un miel de bruyère pourtant bien en fleur... Pire, signe que la nature ne donne plus depuis quelques temps, les abeilles ont commencé à puiser dans les réserves en entamant les premières hausses !

On voit très nettement la ponction des abeilles sur les premières hausses... en dessous, on aperçoit un autre dispositif de chasse abeilles
La production a été très médiocre cette année sur le rucher de la commune, tout comme pour nombre de ses adhérents sur les communes du nord Gironde. Peut être une année comme 2016 qui avait été l'une des pires années "de l'apiculture moderne"...  

Prélèvement de la dernière hausse, chaque cadre est nettoyé des dernières abeilles et transvasé dans une hausse vide, couverte d'un drap pour éviter la pagaille dans le rucher...
Au total, ce seront cinq hausses, pour la plupart operculées, mais pas toujours ! Même les premières hausses comptent parfois le tiers de surface non operculé. Cela fera une récolte moyenne, sans plus (près de 60 Kg) pour une saison qui a été marquée par un acacia raté, de fortes chaleurs à 37°C grillant la végétation, et un terrain très sec limitant surement les montées nectarifaires...

Les 5 hausses en arrière plan, devant l'extracteur avec les filtres inox au premier plan
Une fois le trésor à l'abri, le travail d'extraction va pouvoir commencer. Tout d'abord il faut désoperculer les cadres sur chaque face avec un couteau adapté.

Désoperculation d'un cadre
Les cadres sont ensuite placés dans l'extracteur qui n'est autre qu'une centrifugeuse. Les bras vont fumer un peu ☺

Extraction en cours !
Une fois le miel extrait, un bouchon en bas de l'extracteur permet de le passer dans deux filtres inox superposés (l'un plus fin que l'autre) afin de retenir les morceaux de cire, d'abeille et de bois présents... Ensuite, le miel filtré dans le seau sera versé dans le maturateur en étant à nouveau filtré par un tissu à maille encore plus fine.

Dernier micro-filtrage avant maturation
La maturation est le temps nécessaire au miel de restituer toutes les bulles d'air qui se sont emprisonnées dans le miel au cours de l'extraction, elles remontent en surface en créant une émulsion blanchâtre, peu adaptée à la commercialisation, mais tellement bonne à tartiner 😋

Tout çà pour çà ☺
Et voilà les 3 premiers pots de la récolte, un miel assez épicé, bon, naturellement ! et avec une teinte roussâtre, mordorée pouvant trahir la présence de bourdaine... Ce sera en définitive un miel toute fleur pour le plaisir des papilles et l'explosion des saveurs....

dimanche 2 juillet 2017

Miel de Chêne ?

Alors que rien ne retient l'attention sur certains chênes, notamment le chêne Tauzin (ou chêne des Pyrénées au feuillage marescent), typique de la façade atlantique, dès que les fortes chaleurs s'installent, les abeilles, elles, savent qu'il y a quelque chose à butiner !

Après une petite séance photo, et bien,...je ne vois toujours pas ce qu'elles butinent ! Ce ne sont pas des pucerons qui seraient la source d'un excellent miellat pour faire un miel de chêne, mais surement une exsudation à la base des jeunes fruits...

Ces tout jeunes glands ont l'air très appétissant !

Et ils attisent également la gourmandise de nombreux insectes...
Le chêne émet un joyeux bourdonnement...


Ce sera donc la surprise pour la récolte prévue semaine prochaine ! Le miel de chêne est très aromatique et est l'un des plus riches en oligoéléments...

A suivre...

mercredi 28 juin 2017

Miellée sur les fleurs de ronce

Courant juin, les ronces communes (rubus fruticosus) sont en fleur et font le bonheur des pollinisateurs de tout poils comme les abeilles bien sûr...

Abeille mellifère sur fleur de ronce commune
Mais aussi d'autres abeilles comme celle-ci faisant partie de la famille des halictes (abeille solitaire, voir le lien sur l'histoire de parasitisme entre l'halicte et la mouche qui profitera de son miel, ça ne se fait pas ça  ! 😊)




Quand les populations de ronce sont assez denses, cela peut donner un miel monofloral de ronce, peu courant, produit notamment dans les Landes et les massifs de moyenne montagne (j'ai pu goûter celui d'un producteur de Lanne en Barétous dans les Pyrénées atlantiques). C'est un miel à la belle teinte roussâtre, aromatique et persistant en bouche....

Pot déjà furieusement entamé :-)