jeudi 12 février 2015

Propolis, c'est le moment d'en abuser !

La propolis est une résine produite par les abeilles à partir de résines collectées sur des bourgeons de quelques arbres seulement. Dans l'environnement du rucher il peut s'agir de pin des Landes, de boulot, de chêne ou de marronniers...

Les lingots de propolis récoltée
La Propolis est une substance peu abondante au regard des autres productions de la ruche. Elle a des propriétés antiseptiques puissantes et les abeilles s'en servent comme mastic pour boucher tous les trous de leur habitat, pour badigeonner tout ce qui est dans la ruche, pour momifier une corps étranger trop gros pour être sorti (souri, sphinx tête de mort) et pour réduire l'entrée de la ruche lorsque le pillage extérieur devient une menace. C'est cette fonction qui est reprise dans le nom propolis qui en grec ancien signifiait "devant la cité" (πρόπολις, selon mes souvenirs de mes vieux cours de grec ancien :-)).

Grille à propolis, en cours de récolte après passage au congélateur
Une ruche produit de 100 à 300 g de propolis par an, c'est peu. Deux types de propolis sont récoltées : celle de raclage (par récupération sur le haut des cadres par ex) et celle de grille (posée pour récolter la propolis).

Cette dernière est "pure" comparée à l'autre qui comprend des déchets (bois, morceaux d'abeilles...). Pour ce faire, rien de plus simple : il suffit de poser la  grille à propolis au-dessus des cadres, de préférence après les récoltes. Cette grille est constituée d'une multitude de petits trous que les abeilles auront à coeur de colmater. Une colonie aura d'ailleurs une propension ou non à propoliser.

Des propolis de couleur différentes (blanc sale et ocre or)
Une fois récoltée, la grille sera mise au congélateur, la propolis devenant cassante, elle sera facile à récupérer, un peu comme on récupère des glaçons d'un moule (Autrement, c'est une substance extrêmement collante ). On peut noter également que selon la ruche, la propolis aura une couleur différente, tout dépend de la source d'approvisionnement de la ruche (toujours selon le principe de recrutement dans la ruche, si on trouve une bonne source, de nectar, pollen, propolis, toute la ruche y sera orientée).

contre les extinctions de voix, les enrouements, les angines, les maux de gorge, la toux, les rhumes, les bronchites...
Que faire avec ces jolis lingots ? les mastiquer nature, ce que je fais, n'est pas forcément le plus agréable : c'est un peu astringent,... le plus simple consiste ensuite à faire une teinture-mère (par trempage dans l'alcool) de laquelle on versera quelques gouttes sur un sucre.

Dans tous les cas, à utiliser en prévention ou lorsqu'un mal de gorge se fait sentir, ça tombe bien, c'est la saison !

pour en savoir plus, yc sur la transformation de la propolis : http://www.beekeeping.com/info/produits/propolis_fr.htm

lundi 2 février 2015

Miel crémeux : deuxième fournée !

C'était un essai sur une quantité limitée de miel, mais vu le succès obtenu, on recommence avec plaisir !

Le joli miel crémeux couleur caramel
Il restait encore 10 kg environ de miel de bourdaine dans le maturateur, le même ayant servi au premier essai à l'automne 2014. L'ensemencement se fait avec un des pots de l'essai effectué afin d'obtenir un miel avec des caractéristiques identiques mais aussi pour en garantir l'origine...


Les phases d'ensemencement
Après un léger ramollissement du miel souche au bain marie, ce dernier est déversé dans les 10 kg de miel cible, franchement foncé, puis le mixage commence doucement pour terminer avec un miel plus clair et homogène.

Reste à laisser maturer quelques jours à nouveau pour clarifier le miel puis la mise en pot pourra se faire.

Les gourmands n'attendront pas pour en mettre sur les crêpes, c'est justement la chandeleur aujourd'hui :-)

dimanche 18 janvier 2015

Mi janvier 2015 : du pollen encore et encore !

L'hiver 2014 2015 est remarquablement doux ! Les températures sont fréquemment au dessus de 12°C et au soleil bien plus encore...

Nos avettes en profitent donc amplement et rentrent du pollen de façon régulière (petit flux de 30 abeilles/minute). Les ressources sont diverses et produisent des pollens ocres, jaunes flashy ou blanc sale.

Les ajoncs, très présents dans les Landes, sont en fleurs depuis décembre et fournissent une bonne quantité de pollen, mais le noisetier commence également à produire en ouvrant ses châtons.
Activité le 17 janvier 14h00. Si c'est la fête au pollen, les contrôles d'identité sont toujours de rigueur (photo de droite)

Les récoltes sont assez variables, mais certaines abeilles trouvent le bon filon !
La question que l'on peut se poser est la raison de cette effervescence ! S'agit-il d'une reprise de ponte de la Reine ? ou d'un complément de réserve pour le reste de l'hiver ? Il serait assez ennuyeux que, trompée par les températures trop douces, la Reine reprenne sa ponte : au premier retour du froid, la grappe ne sera plus capable de chauffer l'ensemble du couvain qui sera condamnée à mourir (pour la part non chauffée).

Enfin, un contrôle du poids des ruches est assez rassurant, il est sensiblement plus léger du côté ou l'essaim s'est logé, mais le poids reste suffisant pour l'ensemble des ruches.

Le rucher ce 17 janvier, les grillages anti-frelons ont été retirés pour moins entraver l'activité remarquable des abeilles.

jeudi 20 novembre 2014

Mise en hivernage des ruches

C'est la fin des beaux jours et la colonie va bientôt affronter les longs mois d'hiver. Durant cette période, l'activité extérieure sera quasi nulle, les ressources étant presque inexistantes et l'abeille ne volant qu'à des températures supérieures à 14 °C. Au mieux, lors de journées très clémentes, il sera possible de voir quelques abeilles effectuer leur vol de propreté afin de soulager leur ampoule rectale...

Le rucher prêt à passer l'hiver...
C'est donc au logis que se passera l'hiver et l'apiculteur aura veillé à différents points :

- des réserves suffisantes pour subvenir aux besoins de la colonie. Comme l'apiculteur prélève une grande partie du miel pour le plus grand plaisir de ses amateurs, les réserves résiduelles dans le corps de la ruche peuvent être insuffisantes pour passer l'hiver. L'apiculteur va donc nourrir ses colonies avec du sirop de glucose protéiné. C'est un facteur important à apprécier puisque la famine en cours d'hiver peut être une cause de mortalité.

- une colonie en bonne santé, notamment en vérifiant l'efficacité des traitements contre le varroa (acarien au nom charmant de "varroa destructor"). Le contrôle se fait en comptant sur le plancher amovible (sorte de tiroir plastique) le nombre de parasites tombant encore après traitement.

à gauche, portrait intime de Varroa destructor, à droite sur son hôte.
- une bonne isolation de la ruche : norme BBC si possible mais sans aide de l'Etat. Je n'isole que la toiture avec quelques journaux que je place dans le nourrisseur et que je coince ensuite avec du polystyrène extrudé (ci-dessous à droite).


Sur la photo de droite ci-dessus, on perçoit un film plastique au-dessus des cadres de la ruche, un couvre-cadre percé d'un rond, puis le dispositif d'isolation avec le nourrisseur retourné. Ce système permet d'anticiper un nourrissage qui sera peut-être nécessaire en fin d'hiver ou début de printemps avec des pains de candy (sucre solide) sans ouvrir la ruche car les températures seront encore trop froides.
Il suffira de soulever le nourrisseur, de retirer le polystyrène extrudé, puis positionner le pain de sucre au dessus des cadres, en ménageant une ouverture dans le film plastique à l'aide d'un cutter. Enfin, on recouvre le pain de sucre avec les journaux qui étaient coincés au dessus du polystyrène pour continuer à maintenir une isolation et on replace le nourrisseur.

Et voilà une ruche avec un toit isolé "R8", le tout sera recouvert du toit de la ruche en bois tôlé.


- Réduire l'espace interne utile à la colonie : comme la colonie va fortement décroître pour former la grappe d'hivernage, il est recommandé de réduire son espace intérieur au strict nécessaire en resserrant la colonie avec une "partition", de cette façon l'espace à chauffer sera moins important et la colonie consommera moins et s'usera moins. La partition se substitue à un cadre et constitue une cloison qu'il est aussi possible d'isoler avec du polystyrène également ou une couverture réfléchissante.

- Enfin, réduire les entrées pour éviter toute intrusion de rongeurs qui, profitant de l'absence des gardiennes,  pourraient trouver le logis bien pourvu et confortable. Pour cela des réducteurs en bois ou aluminium sont rajoutés sur les entrées de la ruche.

La ruchette prête à passer l'hiver. Ce sera plus dur pour elle, la colonie étant un peu plus faible que les autres. (Notez le support de ruche qui provient du cimetière à bateau du port de Camaret et qui était lui-même un support de canot de sauvetage).

lundi 10 novembre 2014

Bilan de la récolte 2014

Il est difficile de se réjouir alors que les récoltes 2014 sont au plus bas historique. C'est à ce point catastrophique que l'on s'interroge sur l'avenir de ce produit de la nature :

- Le miel, bientôt un produit de luxe ? Un article de l'Express  http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/le-miel-bientot-un-produit-de-luxe_1560897.html

- du miel, sans abeilles ? une émission de 4 min sur France inter : http://www.franceinter.fr/emission-service-public-le-miel-et-les-abeilles-en-voie-de-disparition

L'année était pourtant très prometteuse avec des colonies fortes en début de saison apicole suite à un hiver doux et un démarrage précoce du printemps.

Las, la nature demeure imprévisible et les caprices de fin de printemps et de l'été ont ruiné bon nombre de miellées phares.

Cette donnée nationale connait des variations régionales, notamment dans l'ouest de la France plutôt préservé des caprices météorologiques.

c'est donc à contre courant que je peux me réjouir d'une bonne récolte 2014, avec 3 hausses d'acacia puis 5 hausses de bourdaine principalement, faisant en tout quasi 100 kg pour trois ruches productives (la moyenne de production dans le département tourne plutôt autour de 10 kg par ruche).

Cette quantité de miel me permettra de tester l'ensemencement d'un miel "crémeux" avec le miel de bourdaine. Ce sont donc trois miels qui seront produits cette année !


De gauche à droite :
- miel d'acacia :Très clair, jaune pâle irisé de vert. L'arôme rappelle de manière discrète le parfum de sa fleur, ce miel est très doux. Il cristallise très lentement et se conserve très bien. Il est considéré comme un régulateur intestinal, recommandé pour les jeunes enfants.

- miel de bourdaine : assez typique d'Aquitaine et du massif central, plutôt foncé au départ, ce miel devient brun roussâtre au terme de sa cristallisation. Il exhale des effluves délicats et son goût se révèle fruité, balsamique et très légèrement aromatisé. Il cristallise exceptionnellement lentement et se conserve très bien.
Enfin, on attribue à ce miel des qualités purgatives comparables à celles de la plante, largement employée dans la pharmacopée traditionnelle.

- miel crémeux : réalisé avec le miel de bourdaine et une souche d'un miel savoyard toutes fleurs (moyenne montagne) - voir cet article : http://abeilles-des-landes.blogspot.fr/2014/10/comment-faire-son-miel-cremeux.html

L'année 2014 aura été aussi marquée par une très mauvaise récolte sur le châtaignier, liée bien sûr au facteur météo, mais surtout à un ravageur arrivé en France en 2010 et qui progresse rapidement, le cynips du châtaignier, petite guêpe originaire de Chine. 



la galle que produit  le cynips.

dimanche 5 octobre 2014

Comment faire son miel crémeux ?

C'était un essai que j'avais en tête depuis quelques temps.

La technique est simple, selon le Rustica de l'apiculture, il faut ensemencer le volume de miel crémeux à obtenir avec 5% de miel qui a la texture souhaitée.

Dans mon cas, j'avais un pot de 500 g de miel de Savoie qui avait cristallisé très finement lui conférant une texture crémeuse. J'avais donc mon "miel souche".


Avant d'ensemencer le miel, je le passe au bain marie afin de le rendre plus souple et facile à intégrer au volume de miel cible (10 Kg).


Le miel dont je dispose pour mon essai est très foncé, c'est un miel de forêt aux arômes prononcés. Je me demande quel miel cela pourrait produire ? un miel crémeux foncé serait très atypique..


Le mélange commence à l'aide d'un mixeur inox monté sur une perceuse.


10 minutes plus tard, le miel obtenu a pris une couleur caramel et la texture crémeuse souhaitée !

Ne reste plus qu'à tremper son doigt dedans :-)








mercredi 24 septembre 2014

Le rucher de mon grand-père

C'est un grand classique, quand je récupère des essaims, souvent les gens me disent que leur grand père était apiculteur et les abeilles et le miel font partie des souvenirs d'enfance.

Vieux rucher familial en Ubaye

Il y a deux générations, le monde paysan existait encore et nombreux sont ceux qui conservaient cette habitude ancestrale du rucher familial. Ce sont souvent quelques ruches produisant assez de miel pour la famille et de quoi en distribuer un peu, ou plus surement le troquer contre de menus services.

Quelques ruches avaient une vitre permettant d'observer l'intérieur, un peu comme le cadre témoin qui permet de juger de l'activité d'une ruche pour adopter la conduite à tenir

En deux générations les modes de vie ont radicalement changé : le monde paysan disparaissait, l'urbanisation de la population s'affirmait et le sucre blanc devenait une évidence rendant le miel plus accessoire. Aujourd'hui la sensibilisation à la protection de l'environnement, le retour de la  nature en ville suscite à nouveau des vocations d'apiculteurs. 

La fabrication des ruches devaient être "maison" et on voit ici l'emploi important du bois comme les restes de poignées.

j'ai eu le petit bonheur de trouver cet été en Ubaye un rucher de ce type...et la chance de pouvoir rencontrer un vieux monsieur qui m'a raconté un peu le rucher de son père (le grand père de la génération de jeunes adultes aujourd'hui). Le dernier essaim est mort il y a 5 ans environ, peu après la disparition du grand-père. "Les abeilles sont mortes avec lui" me disait-il, ce qui peut surprendre un peu mais si l'abeille demeure sauvage, un rucher qui n'est plus conduit est rapidement voué à sa perte.

La ruche est paillée sur ses 4 faces pour renforcer son isolation, ici visible au centre

La conduite du rucher était "raisonnée" : pas de sucre ni de récolte à outrance. Les ruches étaient grosses, souvent à 14 cadres, la récolte unique courant juillet, et de cette façon la colonie conservait assez de miel pour passer un hiver rigoureux à 900 m d'altitude. Ce n'est pas comme ces "caisses carrées" (la Dadant 10 cadres)  faites pour la transhumance mais qu'il faut nourrir sans cesse, me dit-il, et qui pouvait ramener la maladie ! 

au centre, cette ruche d'élevage carrée assez étrange

Difficile de cerner le savoir faire apicole, mais visiblement le grand-père faisait ses essaims également et utilisait cette ruche ressemblant à un tronc avec une lourde pierre dessus.

Et à l'époque du grand-père... il n'y avait pas de varroas, pas de frelons asiatiques, pas d'insecticides autant nocifs, pas de semences enrobées de néonicotinoide, pas d'OGM... tiens, ça fait un peu vieux ronchon cette envolée, en attendant, je vous conseille ce grand angle de BFM Tv du 23 septembre ; http://www.bfmtv.com/mediaplayer/replay/grand-angle/

On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas !