dimanche 31 janvier 2016

Bougies en cire d'abeille

Quoi de plus sympathique que de faire des bougies en cire lors des journées pluvieuses ou en préparation des fêtes ?


Pour ce faire, rien de plus simple ! Tout d'abord avoir la matière première bien évidemment (cf article sur la récupération des cires d'opercules), des moules en silicone selon modèle désiré puis de la mèche à bougie. Ici, les modèles de bougies sont des petites pommes de pin et des ruches en paille avec des abeilles. Des moules plus basiques pour des bougies plus basiques sont aussi possibles (simple cylindre par ex...)


La quantité nécessaire aux bougies est prélevée du pain de cire puis fondue dans une vieille casserole. Les mèches sont positionnées dans les moules et maintenues au centre par une baguette de bois. Des élastiques maintiennent les moules bien fermés.


Il n'y a plus qu'à verser la cire fondue dans les moules, attendre 5 à 10 minutes, puis démouler. On notera que le moule est prédécoupé d'origine pour permettre la mise en place de la mèche et le démoulage.

Démoulage de la bougie


La petite production



jeudi 28 janvier 2016

Comment récupérer la cire d'opercule ?

Cela faisait quelques temps que je souhaitais recycler la cire d'opercule, cette cire récupérée dans les hausses lors de la récolte, pour désoperculer les alvéoles remplies de miel.

Cela me semblait compliqué, mais non, finalement, le procédé est assez simple pour de petites quantités. De façon indicative, 5 à 6 hausses fourniront environ 600g de cire.


Pour confectionner le lingot de cire, il suffit d'une vieille casserole de taille moyenne à grande, d'une vieille passoire métallique avec un fin grillage (une passoire à thé suffit) et d'un moule comme un bac de glace ou une barquette aluminium.


De manière générale, prendre de vieux ustensiles car le travail est un peu salissant, et la cire n'est pas toujours facile à nettoyer...
On commencera à mettre les opercules dans la casserole puis l'on arrosera l'ensemble avec de l'eau bouillante, le volume réduit vite. L'eau est chauffée à feu vif et la cire est rapidement fondue.


Il faut être très vigilent pour ne pas faire déborder la cire, le liquide s'échappant comme du lait, mais étant inflammable !

Une fois fondue, mettre l'ensemble au refroidissement quelques heures, la cire se solidifie en surface progressivement. Le dessous de la cire solidifiée comprend encore de nombreuses impuretés. Remettre à nouveau la cire à fondre dans la casserole vidée de son eau, puis une fois fondue à nouveau, la passer au travers la passoire dans le moule.

La production de la récolte annuelle, à l'état liquide puis solide
Et voilà ! après refroidissement vous avez le précieux lingot...


lundi 11 janvier 2016

Y'a plus de saison !

Foin de COP21, 2015 est la troisième année la plus chaude depuis 1900, après 2014 et 2011...

La nature en est complètement tourneboulée et les mimosas sont déjà en fleur ! Soit bien 6 semaines d'avance par rapport à la normale...


J'en profite pour vous présenter cette nouvelle plantation du printemps dernier : un mimosa ceint le rucher et obligent les  abeilles à une prise de hauteur plus rapide en quittant les ruches. Les bains de soleil côté piscine seront plus sereins !


Pourtant, bien que mellifère, ce sont plutôt les syrphes qui semblent apprécier la prévenance de l'apiculteur...
Nos avettes rentrent à nouveau pas mal de pollen, jaune clair à verdâtre. Quelques ajoncs sont toujours en fleur, quelques pissenlits puis tous les mimosas du quartier ! (le cognassier du japon, les bruyères d'hiver sont également en fleur).

Ceci dit, l'hiver semble enfin vouloir arriver, en témoigne le temps quasi tempétueux que nous avons aujourd'hui, manifestation des combats titanesques des masses d'air s'envoyant éclairs sur éclairs !

Brrr, restez bien au chaud dans vos ruches !

jeudi 17 décembre 2015

Rencontre avec le sphinx tête de mort

Bon, la visite remonte à septembre, mais la rencontre est toujours aussi spectaculaire et mérite d'être partagée !


Au-delà de son aspect physique rappelant un peu une tête de mort, ce gros amateur de miel a plus d'un subterfuge pour voler le miel dans la ruche au nez et à la barbe des abeilles (pour les plus vieilles :-)). 

Dompteur de Sphinx, si si !
Pour en savoir plus sur la biologie incroyable de cet hétérocère : Voir ICI

dimanche 17 mai 2015

La miellée 2015 de l'acacia : du 4 au 15 mai

Voilà des nouvelles plus réjouissantes !
Après les quelques cas de loques désormais résolus, voici le rucher en pleine miellée des acacias.

les inflorescences d'acacia 8 jours avant floraison
Sa floraison est toujours observable dans les environs une semaine à dix jours avant notre commune. Et le lundi 4 mai les premières fleurs sont enfin visibles et la météo assez favorable avec un temps orageux en début de semaine, puis beau et chaud après dissipation des grisailles matinales.

Le Robinier faux acacia, importé en France au XVII°, adapté aux sols rustiques dont le sable
Une seule ruche était en production pour ce rendez vous tant attendu et une hausse était déjà remplie, ce qui fera un miel toutes fleurs de printemps. Heureusement, l'essaim secondaire de l'article précédent était bien ... secondaire et concernait une ruche qui venait d'essaimer, ce qui préserve la seule ruche alors en production. Une seconde hausse est mise en place pour le 7 mai. Le 12 mai elle sera pleine et une troisième hausse lui est adjointe.

Dans l'espace vide au delà de la partition, les chaines cirières se mettent en place
Entre temps, l'essaim de l'année dernière, qui a pu croître sur 10 cadres après transfert dans la ruche bleue (libérée suite à suppression par le soufre d'une colonie qui ne se remettait pas de la loque, cf un prochain article) se voit aussi agrémentée d'une hausse le 10 mai. Le 12, elle est remplie aux trois quarts ! une seconde hausse lui est alors adjointe.

C'est un peu la folie, le rucher émet une bonne odeur de miel à plus de 10 mètres, toutes les colonies bâtissent avec hâte : celles qui étaient réduites à 6 cadres suite à la loque reviennent presque à 10 cadres (hormis celle supprimée). En deux jours, un cadre avec 1/2 cire gaufrée est bâti entièrement puis pondu et /ou rempli de miel ! à ce rythme on ne sait plus où donner de la tête.


La miellée 2015 semble meilleure que l'an dernier, mais ce sera confirmé d'ici une semaine lorsque la floraison sera définitivement terminée. Néanmoins, après 10 jours de fête, la météo a accusé un net rafraîchissement (15 mai : perte de 10 °C à 17°C) avec des matinées à 9 °C et du vent, cela a stoppé net ce bel élan. La suite semble donner 2-3 jours de répit puis un passage frais s'annonce pour le 20 suivi d'une amélioration mais plus humide.

Le rucher avec les 5 hausses en place

dimanche 3 mai 2015

Essaimage en direct et essaimage secondaire ?


Activité de vol notable au rucher ce 3 mai dès 11h00... Cela faisait deux jours qu'il pleuvait de manière continue et enfin, le temps est redevenu plus sec, un peu lourd...

C'est en observant cette activité frénétique sur l'ensemble du rucher produisant un fort bourdonnement,  qu'un écho semblable se fait entendre au dessus de nos têtes : un essaim est en formation !

Peu à peu les abeilles se regroupent pour former l'essaim
Cette petite video saisit la formation de l'essaim

vue de l'essaim posé à proximité du rucher
Malheureusement pour l'apiculteur, l'essaim qui ne va jamais bien loin lors de sa formation, a choisi la cime d'un pin rendant sa récupération impossible...

Voici la taille définitive de l'essaim qui est plutôt moyen
Une possibilité de le récupérer demeure en installant une ruchette avec de l'"attire essaim". En effet, l'essaim qui vient de se former est en attente d'une destination plus définitive pour s'installer. A ce sujet, des éclaireuses explorent les environs pour trouver une cavité de taille, exposition, humidité correspondant à ses besoins. La décision se fera quand il y aura consensus entre les éclaireuses qui communiquent avec la fameuse danse des abeilles (découverte par Karl von Fritz)

Ruchette avec de l'attire essaim
L'essaim partira aux environs de 17h00, mais pas dans la ruchette mise à sa disposition et généreusement parfumée ! Il aura trouvé mieux ailleurs... Il est vrai qu'idéalement l'emplacement d'une telle ruchette devrait être à près de 3 m de haut et à quelques centaines de mètres du rucher...

Impossible à l'observation de l'activité au trou de vol de dire avec certitude quelle ruche a pu essaimer. Peut être celle qui a essaimé il y a 15 jours déjà (18/04), il s'agirait alors d'un essaimage secondaire avec la jeune reine tout juste née (dans ce cas particulier, j'avais détruit toutes les cellules royales de cette ruche ce qui n'a pas empêché l'essaimage le lendemain de l'opération, mais heureusement disposant d'oeufs elle a pu recommencer un élevage royale 18/04 + 15 jours = 3 mai).

Si c'est le cas, ce serait un moindre mal puisque cet essaim n'affaiblirait pas la seule ruche ayant encore un potentiel de production pour l'acacia qui doit démarrer ces prochains jours.




mercredi 22 avril 2015

Loque Européenne !

Il y avait bien quelques raisons à se méfier de cette fin mars un peu trop fraîche…

La première visite de printemps se fera donc cette année le 8 avril contre 17 mars l’année passée, les températures diurnes ne permettant pas l’ouverture des ruches dans des conditions acceptables.

La veille, le 7 avril, une visite au rucher (qui est quasi quotidienne) m’alerte quant à l’odeur qui s’en dégage : quelque chose de fort, plutôt aigre, pas très agréable. Je crains quelque chose de vilain pour le lendemain…

Le 8 avril, j’ai confirmation en ouvrant enfin mes ruches, que trois d’entre elles ont la loque européenne, heureusement la moins grave des deux loques (l’autre, américaine est plus difficile à traiter et la bactérie est rémanente sous forme de spore pendant 40 ans..). Il s’agissait des populations les moins fortes en entrée d’hivernage : le manque de pollen et le temps frais de mars leur aura valu une résistance moindre que les autres. La loque ne s'attaque qu'au couva
in et pas aux abeilles adultes et peut provoquer une dépopulation importante pouvant mener jusqu'à la mort de la colonie. La pression qu'exerce Varroa peut aussi expliquer l'apparition de la loque, mais toutes les ruches ont été traitées et peu de varroas ont été observés sur les plateau, ce qui semble indiquer un infestation non critique.

Les deux autres ruches sont à l’inverse très dynamiques et populeuses et si elles sont également infectées, cela ne se perçoit pas et ne devrait pas durer très longtemps. Cependant, il faut bien considérer que ce ne sont pas 3 ruches qui sont malades, mais bien le rucher qui s'appréhende comme un tout...

Dans les ruches les moins peuplées, des cadres moisis sont présents.



Comment reconnaître la loque européenne ? hormis cette odeur désagréable caractéristique, le couvain meurt généralement avant operculation. Les larves ne sont plus blanc nacré et occupant pleinement leur cellule, mais passent au terne avec une zone jaunâtre puis au brun et n’occupent plus qu’une partie de la cellule du fait de leur affaissement, jusqu’à ne plus représenter qu’une écaille blanche ou noirâtre qui se détache aisément de la cellule.

en 1 : larve avec tâche jaunâtre ; 2 : larve affaissée 3 : opercule "rongée" ou effondrée
Le test « de l’allumette » permet de différencier les deux loques. La loque américaine touchera plus le couvain operculé, dès lors, à chaque opercule à l'aspect effondré ou partiellement ouvert, on enfoncera une allumette que l'on retirera lentement : si la larve s'effile sur plusieurs centimètres alors il s'agit vraisemblablement de la loque américaine. Les deux formes coexistent fréquemment et les loques ne sont pas rares dans la région, selon le GDSA (Groupe de défense sanitaire apicole) local, cela pourrait être de l'ordre de 30 % des ruches.

Ici la larve forme un amas au bout de l'allumette et ne file que très peu (1 cm max)
La déclaration de ce type de maladie au GDSA est à faire pour se faire aider à procéder aux bons traitements (qui peut être antibiotique mais ce n'est pas autorisé en apiculture française), pour permettre un suivi sanitaire de la zone apicole où l'on réside et pour limiter les risques de propagation de rucher à rucher.

Le traitement a consisté à resserrer les ruches sur 6 cadres pour permettre à ces populations plus faibles de mieux chauffer leurs nids à couvain, à nourrir avec un sirop protéiné pendant une semaine pour traiter une des causes de l'apparition de la loque (manque de protéine (pollen)), et une météo plus clémente permettant à nouveau une rentrée régulière de pollen et nectar. Les cadres en excédents sont détruits.

Des cadres moisis...
Enfin, les abeilles finissent elles-mêmes le travail en nettoyant les cellules du couvain mort. C'est souvent tôt le matin que l'on pourra voir ce travail de nettoyage sur la planche de vol. La loque américaine rend les larves collantes et ce travail de nettoyage est beaucoup plus difficile. A noter que ce comportement est plus ou moins marqué selon les colonies, une souche nettoyeuse aura donc plus de chance de s'en sortir.

Comportement de nettoyage le matin ; les larves malades/mortes sont évacuées


Nous suivrons ce qui adviendra de ces colonies au cours de la saison.

A bientôt pour des nouvelles plus réjouissantes !